Troubadours d'aujourd'hui - Artistes

 

ARMÉNIE

Oshakan

Les jardins de Paradis d’Arménie
Musiques et chants inspirés de la littérature et de la poésie arménienne du Xe s. au XXe s.

Oshakan

 

Depuis la haute antiquité le peuple arménien, a continuellement fait les louanges du « Paradis terrestre » par les moyens culturels que sont la littérature, la poésie et la musique. Le Trio Oshakan à la manière des miniaturistes vous invite à un voyage musical dans ces jardins de Paradis d’Arménie, à travers la poésie mystique et lyrique du moine et savant du Xe s. Grégoire de Narek, de l’auteur Grigoris Akhtamartsi au XVIe s. décrivant avec tristesse l’instant où son âme, comparée à un jardin, quittera ce monde et de Naghach Hovnatan et Sayat Nova, fondateurs de l’art des achoughs (troubadours arméniens) du XVIIe s. et XVIIIe s., louant la beauté, l’amour et les plaisirs paradisiaques du jardin d’Eden. …de Komitas enfin, avec ses mélodies aux inflexions délicates et précises, ses rythmes souples et vivants, grisant l’âme par la douceur, dont l’oeuvre a contribué au renouveau de la musique arménienne, nourrissant le sentiment national arménien dont elle est une des expressions les plus authentiques et identitaires.
Le Trio Oshakan est composé du chanteur Seyran Avakian, de la joueuse de kanon Karine Hovanissian et du compositeur Grigor Arakèlian au tav kaman. Ils font également partie des douze membres de l’ensemble Oshakan.
Cette formation réduite permet, d’une part de poursuivre les musiques intimistes de cours, comme celles des « goussan » et des « achough», d’autre part de pérenniser la tradition populaire de l’épopée, avec ses conteurs et enfin de reprendre la musique populaire, notamment celle relevée par le R.P. Komitas. Ce choix d’un trio est propice à une interprétation plus intime, vivante et profonde tout en restant festive.
La musique du trio Oshakan procure une émotion nouvelle. En effet, elle marque un renouveau esthétique de la musique arménienne post-soviétique, non pas celle des musiques populaires ou plutôt populistes. Elle s’engage résolument dans une voie qui se dégagerait des entraves « électro-disco-synthétiques », aux textes insipides sous-tendus par un accompagnement sirupeux et une boîte à rythme aux battements ou roulements convenus, en somme vers une musique savante et vivante sans le métronome dans le rôle du commissaire politique de la globalisation.

De plus, tout comme Komitas à son époque qui a pensé à une polyphonie de la musique arménienne (et non à une harmonisation), la musique du Trio Oshakan s’engage vers une modernité de ces musiques ancestrales en les colorisant. Cette couleur est le regard porté sur elles. Sans entrer dans un conflit inutile entre tradition et modernité, la clef de cette modernité réside dans le rendu d’une ambiance, d’une atmosphère impalpable, comme lorsque l’on regarde une miniature. Soyons francs, combien parmi nous ont déjà tenu entre leurs mains un parchemin ou un livre d’enluminures ? Tout cela est préservé dans un musée, sous verre ! Est-ce le rôle de la polyphonie ou de l’harmonisation de protéger une monodie ?
La force de l’image qui ne bouge pas, et qui nous permet d’imaginer… Cette force est transcendée par l’art du temps qui passe : la musique. Alors regardons avec nos oreilles, ou bien écoutons avec nos yeux, les trésors musicaux inédits ravivés par le Trio Oshakan. Ils vous étonneront par leur diversité.

Gérard Der Haroutiounian (juin 2009)

Ecouter des extraits

Mercredi 4 août à 20 h 45 - Eglise Saint-Flour - Le Pompidou - Lozère -
Jeudi 5 août à 21 h - Eglise Saint-Martin - Saint-Martin-de-Londres - Hérault -

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